Bases de l'electronique
Dans cette partie nous verrons quelques composants électroniques utilisé dans les équipements professionnels afin de comprendre les choix de matériel que font les techniciens pour obtenir le rendu que le réalisateur souhaite.
Transformateurs
Un transformateur est un composant électronique passif composé de deux bobines de fil conducteur
(appelés primaire et secondaire) disposés autour d’un assemblage de plaque en métal (appelé noyau)
elles-mêmes isolées par un matériau qui ne conduit pas le courant. Les bobines ne sont pas en
contact, la tension primaire est transmise au secondaire par des champs électromagnétique. On parle
alors d’isolation galvanique.
Il permet de modifier la tension et le courant en sortie pour
calculer l’amplification du transformateur on peut définir un taux d’amplification.
Pour un taux
de 1 :3 (un pour trois) et une tension d’entrée de 5Volts on aura une tension de sortie de 15 volts.
Dans le domaine sonore les transformateurs ont trois utilisations :
a) éviter les boucles de
masse c’est l’effet de l’isolation galvanique.
b) Eliminer les tensions continues qui pourrait
être mélangées au signal audio. Il peut s’agir d’une alimentation Phantom ou d’une alimentation pour
des composants actifs dans le circuit.
c) Amplifier un signal
Inconvénients des
transformateurs
-distorsion dans les basses fréquences à niveau élevé
-bande passante limitée
dans les très hautes fréquences (phénomène d’inductance de fuite)
Les transformateurs
sont susceptibles aux champs magnétiques externes, ils ne peuvent pas être installés n’importe
où.
Pour réussir à atteindre des taux d’amplifications élevés il faut considérablement augmenter
leur taille, ce qui limite leur utilisation en tant qu’amplificateur de signal.
Pour amplifier le
signal un autre composant a été inventé afin de remplacer le transformateur nous le verrons un peu
plus loin.
La diodes
Une diode est un tube (ou lampe) dans lequel sont placés deux électrodes appelées plaque et filament. Le mot diode veut dire « deux électrodes ». C’est un composant électronique qui ne laisse passer le courant que dans un sens. La diode a été inventé par John Ambrose Fleming, il reprend le travail de Edison sur l’ampoule à incandescence. Fleming utilise l’effet thermoïonique qui permet de créer un flux d’électron entre les parties de la diode grâce à la chaleur du filament.
La triode
La triode fonctionne sur le même principe que la diode. Un inventeur Américain, Lee De Forest, expérimente sur la base de la diode et ajoute un nouvel élément entre le filament et la plaque : une grille en métal. La grille reçoit une tension positive, elle attire fortement les électrons chargés sur le filament. Ils traversent la grille et finissent sur la plaque. De Forest remarque que le courant de sortie est plus élevé que le courant d’entrée, ainsi en ajoutant une résistance à la sortie du tube il obtient une augmentation de tension. La triode permet d’amplifier le signal électrique fortement tout en occupant moins de place qu’un transformateur pour le même niveau d’amplification.
La pentode
Une pentode est une autre forme de tube électronique. Elle est utilisée pour atteindre des niveau d’amplification encore plus élevés qu’avec les triodes. On en trouve dans des préamplificateurs pour microphones ou des amplificateurs pour guitares. La pentode est une triode auquel a été ajouté deux autres grilles entre la première et la plaque.
Le transistor
Le transistor est un composant électronique à trois électrodes utilisé dans beaucoup d’applications en électroniques. Il est utilisé dans le domaine de l’audio pour remplacer les triodes et pentodes. Le transistor permet d’amplifier le signal avec moins de distorsion. La généralisation de ce composant dans le monde professionnel de la musique date du milieu des années soixante. Neve fabrique la premiere console basée sur des transistors en 1964 pour Philips Recording Studios à Londres. A partir des années soixante-dix beaucoup de studios s’équipent des consoles Neve et SSL. Le son des consoles à transistor sera beaucoup critiqué pour avoir un son de moins bonne qualité que les consoles à lampe.
Le consensateur
Un condensateur est un composant électronique passif composé de deux plaques de métal qui ne sont pas en contact. Ce composant permet de stocker une faible quantité d’énergie appelé capacité. Plus elles sont proches plus la capacité du condensateur est élevée. C’est un composant indispensable pour créer des filtres dans les amplificateurs, les enceintes ou les égaliseurs. Le principe de fonctionnement des condensateurs est utilisé dans la fabrication d’un type de microphone : les microphones à condensateurs. Il existe différents types de condensateurs selon le composant chimique qui se trouve à l’intérieur. Le choix des condensateurs dans un circuit audio a une incidence sur le son global, les produits haut de gamme préfèrent utiliser des condensateurs au polypropylène, ils sont plus chers et génèrent moins de distorsion.
Les musiciens
Les musiciens de Motown et Stax jouent pour tous les artistes de leurs labels. Chacun d’entre eux
possède son groupe de musiciens. Chez Motown ce groupe s’appelle les Funk Brothers. Les musiciens
principaux du groupe sont Benny Benjamin à la batterie, James Jamerson à la basse, Earl Van Dyke aux
claviers et Eddie Willis à la guitare.
Chez Stax ils s’appellent Booker T and the MG’s, le leader
du groupe s’appel Booker T Jones. Il est claviériste et contrebassiste. Al Jackson Junior à la
batterie, Donald Dunn à la basse à partir de 1965 et Steve Cropper à la guitare.
Le fait que les
musiciens soient toujours les mêmes sur les différents albums participe à donner un style
caractéristique pour chacun des deux labels. Les musiciens sont les premiers responsables de la
musique qui est enregistrée. Cela donne également un contrôle plus prononcé sur le rendu des
morceaux. Les réalisateurs savent quels sons ils vont obtenir car ils connaissent très bien les
musiciens. Les deux labels étant spécialisés principalement dans un genre musical c’est un atout de
taille pour eux.
Les instruments
Chez Motown les guitares et la basse sont branchées sur des boites de direct (appelé DI), il n’y a
aucun amplificateur et le retour pour les musiciens se fait via des enceintes placées sur le
plateau.
Ils possédaient un grand nombre de batteries différentes : Gretsch, Ludwig, Rogers mais
aussi des marques inconnues. Les limitations techniques de l’époque les obligeait à adopter une
approche minimale quant aux choix de mircrophones. Au maximum, à la fin de la décennie 60, les
techniciens pouvaient utiliser quatre microphones. Un RCA77 pour la grosse caisse dont ils
retiraient la peau de résonnance et remplissaient de couvertures. Un microphone pour la caisse
claire parfois pointée sur le fût. Un microphone sous un tom et un Neumann U67 « overhead » placé
au-dessus de la batterie. Souvent un « overhead » et un microphone pour la grosse caisse suffisait.
Les batteries Motown sont généralement au second plan noyé dans une réverbération.
Ils retiraient
les peaux de résonnance des grosses caisses et plaçaient des couvertures à l’intérieur pour étouffer
les résonnances. Pour la caisse claire un seul micro orienté sur la peau de frappe ou vers le
fût.
Sur certains morceaux ils enregistraient parfois deux voire trois batteries en même temps
par exemple le morceau « Signed, Sealed, Delivered » dans lequel on entend une batterie de chaque
côté de la stéréo. On retrouve cette technique chez Kamasi Washington dans le morecau « Street
Fighter Mas ».
Puisque les enregistrements se faisaient en prise live dans une seule pièce les
batteurs devait s’habituer à jouer à faible niveau.
Les claviers comme l’orgue Hammond B3 ou le
piano électrique Wurlitzer sont caractéristiques du genre musical de la Soul. On les retrouve dans
beaucoup de morceaux des années soixante et sont très recherchés aujourd’hui par les passionnés de
musique Soul.
Les microphones
Microphones dynamique à ruban
Les microphones à ruban font parti des microphones dynamiques. Il fonctionne sur le principe
d’induction électromagnétique. Ils sont composés d’une feuille d’aluminium très fine autour duquel
sont disposés deux aimants. Lorsqu’une onde sonore atteint le ruban le signal est conduit au reste
du circuit en passant par le ruban lui-même. Le signal de sortie est de faible tension c’est
pourquoi il est nécessaire qu’un transformateur élévateur redresse la tension de sortie du
microphone.
Avant 1949 les studios utilisent en majorité des microphones à ruban comme les RCA
44-BX (1938), RCA 77-D (1945).
Les microphones à ruban sont toujours très populaires parce qu’ils
capturent difficilement les hautes fréquences. Dans la recherche de transparence dans la prise de
son cela peut être un défaut mais c’est un outil puissant pour les réalisateurs et les techniciens
qui veulent un son plus « doux ».
Les microphones dynamique à bobine mobile
Les microphones à bobine mobiles font parti des microphones dynamiques. Ils sont composés d’un
aimant fixe autour duquel une bobine bouge créant une tension par induction électromagnétique. Une
membrane est collée à la bobine, lorsqu’une onde sonore atteint la membrane la bobine bouge par
sympathie avec elle.
Le microphone à bobine mobile moderne a été inventé en 1931 par Edward
Christopher Wente et Albert Thuras.
Les microphones statique à condensateur
Les microphones à condensateurs sont composés d’une capsule qui fonctionne de manière similaire à
un condensateur. Ces capsules sont composées de deux fines plaques conductrices. L’une des plaques,
appelée membrane, est mobile tandis que la deuxième reste fixe. Lorsqu’une onde sonore atteint la
membrane, elle se rapproche et s’éloigne de la plaque fixe ce qui créé une variation de capacité. Il
en résulte un signal électrique de courant faible. Pour compenser cet inconvénient les ingénieurs
ont créés un circuit entre la capsule et la sortie du microphone appelée « convertisseur d’impédance
». Ce circuit nécessite une alimentation externe, le standard utilisé de nos jours à été inventé par
Neumann et s’appelle l’alimentation « Phantom ». Il s’agit d’un courant continu d’une tension de
48V.
La partie mobile d’un microphone à condensateur est plus légère que celle d’un microphone à
bobine mobile, les microphones à condensateurs sont donc plus précis et offre une qualité
supérieure.
Le premier microphone à condensateur à été inventé en 1916 par Edward Christopher
Wente, physicien chez Western Electric. Ils seront toutefois très peu utilisés en studio jusqu’en
1948 avec la sortie du Neumann U47 à lampe. C’est également le premier microphone à directivité
sélectionnable.
Voici une liste des capsules les plus importantes :
Neumann
- M7 : plusieurs directivités elle équipe d’abord le légendaire Neumann U47 à lampe apparu en 1948. Sa membrane fait environ 10 microns.
- K47 : sortie en 1958. C’est une évolution de la capsule M7, sa membrane est plus fine (6 microns)
- K67 : sortie en 1960, elle équipe le microphone Neumann U67. Elle améliore les différentes directivités et à un son plus brillant que son prédécesseur.
AKG
- CK12 : sortie en 1953, elle équipe le légendaire AKG C-12, les différents C414 entre autres, il s’agit probablement de la capsule la plus complexe qui ait été construite.
Sony
- C3 : cette capsule équipe deux des quatre microphones professionnels à condensateur de la
marque japonaise Sony, le C-37A et le C-38B tous les deux sorties en 1958. Le C-38 est toujours
fabriqué, 60 ans après sa création.
Microphones statique à petite membrane
Ce sont des microphones à condensateur construits avec des membranes de plus petite taille. Ils
apparaissent dans les années 50 avec la généralisation des transistors qui permettent la
construction de corps de microphones plus petits. Leurs avantages par rapport aux microphones à
large membrane sont une excellente réponse en transitoire, une sensibilité accrue dans les hautes
fréquences, une meilleur une directivité et ils sont facile à placer dans des endroits difficiles
d’accès. Ils sont peut utilisés sur des sources qui émettent des basses fréquences.
Chez Neumann
on trouve le KM54 sorti en 1954 équipé d’une électronique à lampe et le KM86 sorti en 1968 entre
autres.
Chez AKG la référence de microphones à petite membrane est le C451. Sorti en 1969, il est
équipé d’une capsule ck1.
Les préamplificateurs
Les préamplificateurs sont des appareils destinés à amplifier le signal qui sort des microphones
sans l’altérer ni introduire de bruit de fond. En soit les préamplificateurs ne font qu’augmenter la
tension du signal électrique afin de pouvoir le traiter, ils ne font que transmettre le signal sans
le désaltérer. Il faut savoir que n’importe quel appareil transmettant un signal audio le déforme en
sortie. Cela est vrai pour un câble comme pour un préamplificateur. Avec les innovations
technologiques en électronique durant le XIXe siècle les constructeurs ont progressivement fait en
sorte que les préamplificateurs soient les plus transparents possibles. Le niveau de sortie des
microphones est de l’ordre du millivolt et la sortie des préamplificateurs est de l’ordre du volt.
Ils doivent avoir un gain de 1000 entre l’entrée et la sortie.
Les premiers circuits de
pré-amplification des années 20 possédaient des transformateurs en entrée pour filtrer les courants
continus qui servent d’alimentation pour les microphones à condensateurs. L’amplification est
confiée à des lampes réparties sur quatre à cinq étages d’amplification ce qui permet des gains
élevés pour l’époque. Ces circuits ont l’inconvénient de générer un bruit de fond important et la
bande-passante varie avec le gain. Le son n’est donc pas le même selon l’utilisation.
Les
préamplificateurs plus récents (à partir des années 80) sont conçus pour être le plus transparent
possible peu importe le gain demandé alors que les premiers préamplificateurs étaient conçus dans le
seul but d’amplifier le signal. C’est avec les avancées technologiques que les fabricants ont pu
comparer les différents composants et se concentrer sur la transparence. Les préamplificateurs
conservent leur but principal tout en essayant de conserver le signal intact. Depuis le début des
années 2000 les réalisateurs ont tendance à vouloir réutiliser des circuits à lampe et ne
recherchent plus forcément la transparence à tout prix.
Les circuits à lampe ont tendance à créer
une distorsion plus douce que les transistors. Avec des circuits à lampe, on peut saturer petit à
petit le signal. Ce qui ne veut pas dire que les transistors produisent un son de moins bonne
qualité cependant on évitera de faire saturer les transistors afin de ne pas se retrouver avec un
signal déformé trop brutalement.
Les enregistreurs à bande
Les enregistreurs à bande permettent de fixer le signal électrique sortant des préamplificateurs
sur un support physique appelé bande magnétique. Développé pendant la seconde guerre mondiale les
enregistreurs à bande se démocratisent dans les radios à la fin des années quarante.
La bande
magnétique est un support plastique souple recouvert d’un matériau magnétique. La tête de lecture
inscrit par induction magnétique le signal sonore en magnétisant la bande de manière proportionnel
au courant électrique transmis à la sortie du préamplificateur.
La lecture se fait de la même
manière en faisant passer la bande devant une tête de lecture qui se charge de traduire les charges
magnétiques en courant électrique. Il existe un seuil au-delà duquel le signal commence à distordre
car le matériau qui recouvre la bande ne peut pas accepter une telle charge.
Dans les studios de
Motown et Stax il arrivait régulièrement que le signal distorde sur la bande pendant
l’enregistrement. C’est d’ailleurs une des caractéristiques du son du son que l’on cherche à
reproduire. De nos jours la bande magnétique est utilisé presque exclusivement pour profiter de la
saturation car les enregistreurs restent plus difficile d’utilisation que les logiciels et le cout
des bandes n’est pas compatible avec tous les budgets.